Marilyn aurait cent ans

Hier, Marylin Monroe aurait eu cent ans. C’est l’occasion pour les média de célébrer le monument hollywoodien que fût et qu’est encore cette jeune femme, à la fois joyeuse et névrosée, splendide et ravissante — c’est loin d’être la même chose.
Chacun y va, de façon sympathique ou racoleuse, d’un rappel de ses qualités sous-estimées de comédienne, de ses défauts d’enquiquineuse de plateau, de ses amours célèbres et de ses amitiés fidèles, et surtout, surtout, des circonstances de sa mort.
Malgré ses tendances parfois historiquement complotistes, j’aime bien et j’écoute régulièrement la demie heure quotidienne que Franck Ferrand consacre à un évènement historique sur Radio Classique. L’autre jour, son sujet c’était bien sûr Marilyn et, surtout,  sa disparition. Dans une habile présentation des circonstances qui ont précédé et suivi la mort de Marilyn (au risque de répétition, je me refuse à dire « la star »), Franck Ferrand a rappelé les détestables relations que Marilyn entretenait avec la Fox et le procès que le studio avait engagé contre elle. De là à dire que la mort de Marilyn arrangeait bien la Fox, il y eut un petit pas vite franchi. Derrière les paroles prudentes du narrateur, on croyait vraiment entendre des « Moi, quand j’dis ça, j’dis rien » ou des « À bon entendeur, salut ! » et presque des « Is fecit qui prodest », insinuations à peine amorties par des « Mais ce serait peut-être aller un peu loin que d’affirmer… »

Moi qui connais la vérité, moi qui en ai longtemps détenu la preuve, je rongeais mon frein en écoutant les allusions perfides de l’homme de radio. J’étais à deux doigts de lui envoyer un exemplaire de mon récit « Go West ! ».
Il y aurait trouvé le récit exclusif d’un témoin oculaire des premières heures qui ont suivi la mort de Marylin, de l’étrange comportement du meilleur ami de la vedette, Peter Lawford, et du rôle équivoque de l’officier de police Clemmons, sans oublier l’évidente duplicité du chef de la brigade criminelle de West L.A., le Capitaine Syd Carter. Suivant pas à pas la brillante analyse des faits qui y est menée, il n’aurait pu que se rendre à l’évidence et en déduire comme moi l’irréfutable identité du coupable.

Mais finalement non, je ne l’ai pas fait et si Franck Ferrand veut connaitre enfin la vérité, il faudra qu’il les allonge, ses 12 euros. 

Go West !

A votre avis ? 

Depuis sa parution chez Amazon, le dernier livre de Coutheillas, Go West ! , s’est vendu à 20 exemplaires. C’est peu quand on fait la comparaison avec Blind Dinner (57 exemplaires) et pas si mal quand c’est avec Les Trois premières fois (18) qu’on le compare. Mais de toute façon, ce n’est pas assez. Pourtant, la critique est bonne et deux excellents avis ont été publiés sur Amazon. Si, si ! Vous pouvez vérifier ! Pour ne pas embarrasser leurs auteurs, je les reproduis ci-dessous non signés. 

B.N.
Palpitant
Un très beau roman, mâtiné d’autobiographie, de l’affrontement par un adolescent passant à l’âge adulte des réalités américaines des années 60 : la route, les voitures, les femmes, les hommes, les Kennedy, Marylin (des révélations d’actualité au moment où l’on célèbre ici sa mémoire), de l’alcool, de la drogue, des hippies, bref, un milieu et une culture qui lui sont parfaitement étrangères. Histoire aussi d’une rupture amoureuse mélancolique.
Une très belle écriture aussi, vive, acérée, qui vous porte de page en page et de chapitre en chapitre.
Sans doute la plus belle réussite du talentueux auteur de l’  « Histoire de Dashiell Stiller » et de « Blind Dinner » qui nous avaient tant marqués.

M.B.
Le rêve américain existera toujours
Go west roman passionnant qui se lit d’un seul trait, vécu par un étudiant français pour réaliser son rêve américain
Il nous plonge dans les années 62 avec la curiosité de sa jeunesse et l’expérience Continuer la lecture de A votre avis ? 

Homéotéleute et Polyptote – Lever de rideau

 Acte I

La scène est à Athènes et le décor entièrement blanc à l’exception de deux éléments : un grand cognassier du Péloponnèse et un petit banc en marbre de Thassos.

Le Récitant

Gens d’Athènes, prêtres de l’Acropole, commerçants de l’Agora, ménagères de Plaka et même vous, marins du Pirée, salut ! Laissez-moi ce soir dérouler devant votre assemblée attentive la vraie histoire de deux amants superbes et généreux, que certains dieux protégeaient mais que d’autres n’aimaient pas. Retenez vos larmes, étouffez vos cris, car il n’y a que dans le silence et le recueillement que l’on peut entendre une telle tragédie. Je commence…

C’est au pied du mont Lycabette, la colline aux loups féroces, qu’ils se rencontrèrent pour Continuer la lecture de Homéotéleute et Polyptote – Lever de rideau

L’heure d’été ne date pas d’hier

Le texte ci-dessous est extrait de À la Recherche du Temps perdu (Le Temps retrouvé – Chapitre 2)

(…) Tout en me rappelant la visite de Saint-Loup j’avais marché, puis, pour aller chez Mme Verdurin, fait un long crochet ; j’étais presque au pont des Invalides. Les lumières, assez peu nombreuses (à cause des gothas1), étaient allumées un peu trop tôt, car le changement d’heure2 avait été fait un peu trop tôt, quand la nuit venait encore assez vite, mais stabilisé pour toute la belle saison (comme les calorifères sont allumés et éteints à partir d’une certaine date), et au-dessus de la ville nocturnement éclairée, dans toute une partie du ciel – du ciel ignorant de l’heure d’été et de l’heure d’hiver, et qui ne daignait pas savoir que 8 heures était devenu 9 heures – dans toute une partie du ciel bleuâtre il continuait à faire un peu jour. Dans toute la partie de la ville Continuer la lecture de L’heure d’été ne date pas d’hier

Fort Alamo

Une critique de Lorenzo dell’Acqua

Fort Alamo est un roman de Fabrice Caro. Ce n’est pas le premier de cet auteur connu de bandes dessinées qui a en plus un talent rare chez un écrivain : l’humour.

Le thème est simple : toutes les personnes qui irritent le narrateur décèdent dans les minutes qui suivent : AVC brutal, arbre sur le bord de la Nationale où va s’encastrer la voiture qui vient de le doubler, mort subite en tous genres à la sortie du supermarché ou sur son lieu de travail. Qui n’a jamais eu envie de tuer l’automobiliste qui vous a fait une queue de poisson, ou le garçon du Cyrano qui s’obstine à vous ignorer alors que vous aviez prétendu à votre charmante et future conquête y être connu comme le loup blanc, ou cet arrogant qui vous prend pour le préposé du magasin alors que vous lui avez gentiment tenu le Continuer la lecture de Fort Alamo