Message mensuel d’octobre

Compte tenu de son succès, je n’ai aucune raison de modifier mon message mensuel du mois dernier, au contraire. Je vais donc vous le resservir intégralement ce mois-ci. Voici : 

J’écris des mots. Ça fait maintenant dix-sept ans que j’écris des mots, régulièrement, tout le temps, partout, le matin dans les cafés, l’après-midi dans les jardins, le soir chez moi… J’écris des petites chroniques d’humeur, des critiques de cinéma, de théâtre et de littérature ; j’écris des histoires courtes, quelques pages, des nouvelles, un peu plus longues, et même des romans, trois courts et deux de bonne longueur. J’ai même deux longs inachevés dans mes tiroirs. Depuis treize ans, je fais paraître tous ces écrits sous forme de feuilleton dans ce blog, Le Journal des Coutheillas.  Ensuite, ils paraissent en livre broché et en format Kindle chez Amazon. Pour y accéder, tapez seulement « Philippe Coutheillas » dans la case « recherche » d’Amazon.fr

Blind dinner
Un « Blind dinner », c’est un dîner un peu particulier dans lequel les invités ne se connaissent pas. Dans les beaux quartiers, c’est très à la mode. Renée, la maitresse de maison, trouve cela très chic et parfois follement drôle.  Mais ce soir là, quand on a commencé à parler d’un mystérieux virus venant de Chine, le diner a vite tourné au vinaigre.

LA MITRO et autres drôles d’histoires
C’est un recueil de nouvelles qui porte le titre de la première d’entre elles. Assez inspirée par Marcel Pagnol, il faut la lire avec l’accent. Les autres nouvelles revisitent aussi bien l’assassinat de Jules César que les jeux télévisés, les petits meurtres sans importance, l’effet papillon ou la manière d’accéder au Paradis.

 

Le Cujas (Histoire de Dashiell Stiller)
Paris 1935. Dashiell, jeune touriste Américain, prend une photographie de la terrasse d’un café du Boulevard St-Michel, le Cujas. Treize années plus tard, il est de retour à Paris pour rencontrer les huit personnages qui se trouvaient sur la photo. Il les fait parler sur leur vie, sur la façon dont ils ont vécu cette période troublée de la guerre, l’Occupation, la Résistance, la Collaboration, les Camps, la Libération… Mais pourquoi fait-il cela ? Pour écrire un roman ? Pour retrouver quelqu’un ? Pour expier un crime ? Pour retrouver sa propre histoire, l’histoire de Dashiell Stiller ?

Bonjour, Philippines (et autres rencontres)
Petit livre sans importance, recueil de récits de rencontres et d’aventures, graves ou anodines, que j’ai vécues un peu partout à travers le monde, à Manille et à Cagayan de Oro, à Téhéran et à Athènes, à Ouagadougou et Bobo-Diouasso, à Douala et à Bamako, au Brésil et en Ukraine, à Sumatra et dans la Vallée de la Mort. La plupart du temps, leur narration est véridique, mais parfois, j’avoue que je me suis laissé aller à les romancer un peu. Après tout, je ne serai pas le premier.

 

Histoire de Noël (et autres contes cruels)
Ce petit bouquin n’est pas destiné à être mis entre toutes les mains.

En effet, et contrairement à ce que pourrait laisser croire une interprétation trop rapide de son titre, il ne s’agit pas du tout, mais alors pas du tout, d’un recueil de belles histoires de Noël, dégoulinantes de bonté, de morale et de confiture.
Connaissez-vous la légende de la Mort à Samarcande ? Non ? C’est un beau et terrible poème persan du XIIème siècle dans lequel un Vizir qui vient de croiser la Mort dans une rue de Bagdad croit lui échapper en s’enfuyant à Samarcande alors que c’est justement là que, sans le savoir, il a rendez-vous ce soir avec elle.
Eh bien, pour la plupart, les nouvelles qui composent Histoire de Noël s’inspirent de cette fatalité ironique : c’est en croyant fuir son destin que l’homme s’y précipite.

 

Les disparus de la rue de Rennes
C’est la panique à la Mairie de Paris : alors qu’il procédait à un contrôle de routine, Roger Ratinet, agent municipal affecté à la vérification de la conformité des plaques de rue à la parité homme/femme a découvert que toute une section de la rue de Rennes avait disparu. Eh oui ! Disparu ! Comme ça, en plein Paris, sans qu’on puisse savoir ni quand, ni pourquoi, ni comment. Trois cents mètres de rue, une quarantaine d’immeubles ! Rien que ça ! Introuvables ! Ça fait désordre, non ? Bien sûr, il a fallu en informer Madame Hidalgo. « Comment ! Comment ! a explosé la Maire en furie. Plus de trois cents mètres de rue disparaissent en plein milieu de Saint Germain des Prés et personne n’est fichu de me dire où ils sont passés ! »
L’affaire est encore secrète, mais le scandale couve et, bientôt, la presse s’en mêle, et aussi Cottard, le chef de bureau jaloux de Roger Ratinet, et puis Yvonne, l’épouse de Roger Ratinet. Comme d’habitude, le Dir.Cab de la Maire, Hubert Lubherlu est dépassé.
Heureusement, Anne Hidalgo est solide ; en matière de scandale, elle en a vu d’autres. Mais survivra-t-elle à celui-ci ? Rien n’est moins sûr.

Les trois premières fois (et autres nouvelles optimistes)
Un soir dans un port, trois hommes attendent le départ de leur bateau. Pour passer le temps, ils racontent chacun une « première fois ». Un autre jour, un autre homme explique comment il faut se tenir dans la rue quand on porte un bouquet de fleurs. Un autre soir, un incident à la frontière syrienne va-t-il transformer en drame un beau week-end de tourisme. En fin d’après-midi, un homme écrit à coté de son chien qui dort. Un beau matin, un groupe d’enfants qui se rend au jardin du Luxembourg passe devant la terrasse d’un café ; des clients attablés les regardent passer ; leurs points de vue diffèrent. La peur de l’avion, ça se soigne.
Quatorze nouvelles, drôles ou émouvantes, quatorze textes ironiques ou sensibles, quatorze façons, réalistes ou poétiques, d’être optimiste.

Go West !
Il était une fois l’Amérique. Et la même fois, il était un jeune homme que l’Amérique faisait rêver. Le jeune homme et l’Amérique vécurent ensemble tout un été, l’été 62. Cette année-là, les accords d’Évian avaient mis fin à la guerre d’Algérie, Kennedy était entré dans sa deuxième année de Présidence des États-Unis et Marilyn Monroe avait encore quelques semaines à vivre. Moi, j’avais échappé à la guerre d’Algérie, John Fitzgerald Kennedy me fascinait et j’étais amoureux de Marilyn, et aussi de Patricia. Je n’avais pas encore vingt ans.

Pour trouver l’un de ces livres sur Amazon, il vous suffit de cliquer sur la photo de la couverture correspondante.

Le texte, Coco, le texte ! 

Sur YouTube, on ne trouve pas que des Labradors qui parlent, des arbres qui tombent, et des avions qui se posent de travers. On peut y trouver aussi du théâtre, et du bon. Je ne parle pas de ces médiocres captations de mauvaises pièces de boulevard périphérique, mais de théâtre classique (Molière, Marivaux, Musset, Hugo…) interprété par les meilleurs comédiens que la France peut compter, ceux de la Comédie Française¹. 

Depuis 2020, une quarantaine de pièces de théâtre ont ainsi été réalisées par la Comédie Française et diffusées sur YouTube.
Les spectacles que l’on peut y trouver ne sont pas des représentations traditionnelles telles qu’on peut les voir dans les salles de la Comédie. Ce sont en fait des versions améliorées de ce que l’on appelle une « lecture à la table ». Dans le monde du théâtre, m’a-t-on dit une lecture à la table, c’est la première étape dans la création d’un spectacle. C’est une répétition dans laquelle les comédiens, réunis autour d’une table et munis du texte de l’œuvre qu’ils commencent à répéter, lisent leur rôle. Il n’y a pas de décor, pas de costumes, pas de scénographie. Le texte est filé d’un bout à l’autre, en présence de tous les comédiens et du metteur en scène. Le travail est orienté sur la familiarisation des comédiens avec le texte et la recherche du sens. 

Ce que présente la Comédie Française et qui a pour titre générique « Théâtre à la table » se rapproche des « lectures à la table » traditionnelles dans la mesure où les comédiens sont réunis autour d’une table, disposent du texte écrit et sont en costume de ville ; mais cela en diffère dans la mesure où la « lecture » a été répétée cinq fois, où les comédiens « jouent » et où ils sont libres de se déplacer autour de la table.

« Monsieur de Pourceaugnac » est le premier spectacle que j’ai vu de cette série. De cette pièce, je ne connaissais que le titre. À ma décharge, vous admettrez qu’elle n’est pas la plus connue de Molière². Et pourtant, elle est fort plaisante, comme aurait dit Louis XIV. Et c’est tant mieux, car c’est avec elle que j’ai découvert et le principe du « Théâtre à la table » et ses avantages, son avantage pour être plus précis, son formidable avantage pour être plus descriptif.

Cet avantage, ce n’est pas (que) le confort de votre salon ou de votre chambre d’où vous verrez la pièce, ce n’est pas l’absence de toux compulsives de spectateurs catarrheux et probablement contagieux, ce n’est même pas le coût du billet d’entrée ; cet avantage, c’est le texte. Peut-être pour la première fois de ma vie, j’étais entièrement concentré sur le texte, je saisissais chaque mot, peut-être même chaque intention. Bien sûr, cela était dû à la qualité des comédiens, de leur diction, de la prise de son. Bien sûr, cela était dû aussi aux gros plans presque constants du réalisateur.  Mais j’attribue cette réussite ( de mon point de vue ) au fait que  je n’avais rien d’autre que la voix et l’expression du visage du comédien et rien d’autre que le texte sur lesquels porter mon attention. Je n’étais pas distrait par un détail du costume, un défaut du décor, un nuage de poussière dans le sillage d’une robe, une toux persistante dans la salle, un rire à contre-temps, une douleur croissante dans mon genou droit… Je n’avais que le texte, Coco, le texte ! 

Je réalisai qu’en réalité je n’avais jamais réellement écouté Agnès déchiffrer les devoirs de l’épouse, ni Arnolphe lui déclarer sa passion. Pas davantage je n’avais entendu l’épouse d’Orgon enjôler Tartuffe pour mieux le piéger. Jusque là, je n’avais pas saisi le drame d’Arnolphe, je n’avais pas compris l’habileté d’Elmire.

En quelques jours, avec Théâtre à la table, j’ai vu sur YouTube Monsieur de Pourceaugnac, Tartuffe, l’Ecole des femmes, Georges Dandin, les Femmes savantes, Les Caprices de Marianne, On ne badine pas avec l’amour et il m’en reste à voir. Si Georges Dandin et On ne badine pas m’ont laissé sur ma faim, le reste était éblouissant. 

Allez-y de ma part. En plus, c’est gratuit. 

Note 1 :
Une amie à qui j’avais accordé l’énorme privilège de lire cet article avant publication a émis une réserve sur mon affirmation selon laquelle : « les meilleurs comédiens que la France peut compter (sont) ceux de la Comédie Française ». Bien que je peine à le reconnaitre, mon amie a raison et, comme parfois, j’ai été trop péremptoire. Je reconnais que Bernard Blier, François Perier, Pierre Brasseur, Raimu et quelques autres n’ont jamais été « de la Comédie Française » et furent pourtant d’extraordinaires acteurs. Outre leur qualités propres de comédiens, ils avaient ceci de commun avec les Comédiens-Français : une diction parfaite. Mais ils sont aujourd’hui des acteurs morts et on peut chercher avec une lanterne qui, parmi les comédiens non français d’aujourd’hui, réunit ces deux exigences : être bon comédien et avoir une bonne diction, je veux dire une diction compréhensible quel que soit le rôle, le sentiment exprimé et la volonté de naturalisme du metteur en scène…

Je sais que vous allez vouloir me prouver que j’ai tort en me citant Depardieu, et j’admettrai que vous avez partiellement raison : Depardieu, bonne diction mais qualité d’acteur sinusoïdale (pour ceux qui ont fait Lettres : avec des hauts et des bas). 

Note 2 :
Le thème de cette pièce pourrait ne pas plaire à tout le monde. On est même surpris qu’elle puisse être reprise aujourd’hui où la pensée ne peut qu’être conforme. En effet, toute l’intrigue consiste à se moquer, rouler dans la farine et chasser de Paris un gentilhomme de Limoges, Monsieur de Pourceaugnac. Mais bon, quand on fait un succès actuel des « Femmes savantes », dont les meilleures tirades ne sont pas piquées des hannetons, on peut tout se permettre, pas vrai ?  

Sachez que vous pouvez désactiver les horripilants sous-titres automatiques et phonétiques en agissant sur “paramètres” sur l’écran YouTube. Pour 2 heures de spectacle, ça vaut largement le coup.

ET DEMAIN …
LE MESSAGE MENSUEL

Trois cafés (22)

(…) Et, dans une dernière moue languissante, Madame Françoise a cédé :
— C’est bien pour vous faire plaisir, Stan…-
— Ah, merci, merci, merci ! Je vais téléphoner à Robert pour lui annoncer la bonne nouvelle. Il sera aux anges ! Ah, que je suis content ! Je vais me mettre à la préparation de notre petite expédition dès demain et je vous en reparle très vite ! À présent, vous voudrez bien m’excuser, mais il faut que je voie notre ami Gérard.
Sur un petit nuage, Madame Françoise est partie s’asseoir à sa table sous la télévision où elle restée une bonne demi-heure les yeux dans le vague. Je l’imaginais en train de se demander ce qu’elle allait bien pouvoir mettre pour assister au mariage du siècle.

Si vous me demandiez ce que faisait Cottard pendant tout ce temps, je vous dirais bien qu’il faisait comme si il était pas là. En fait, il était là, mais il le regrettait parce qu’il voulait surtout pas parler à Trois-cafés because le déjeuner avec Hidalgo. Du coup, il s’était planqué derrière un journal qu’il avait ramassé sur le comptoir et il faisait semblant de consulter les annonces immobilières. De son côté, Trois-cafés était allé rejoindre Dumoulot à sa table, celle qu’est juste à côté de la mienne.

— Ah ! Gérard ! Mon ami ! J’ai beaucoup de choses à te dire. Tout d’abord, Continuer la lecture de Trois cafés (22) →

Les désillusions perdues

par Lorenzo dell’Acqua

Comme son ami l’écrivain NRCB, le photographe Lorenzo dell’Acqua était fort déçu. Depuis la parution du Roman des Regards, personne ne lui avait demandé d’autographe dans la rue. Pire encore, personne ne le reconnaissait dans les musées, ni les surveillants, alors qu’il s’y rendait un jour sur trois, ni les visiteurs dont certains avaient dû lire son livre.

Au début, cette frustration lui parut déplacée tant il était conscient de sa chance inouïe : il avait réussi à publier ses photos et, cerise sur le gâteau, avec un écrivain prestigieux. Et puis, petit à petit, cette frustration prit de l’ampleur. Ce n’était pas la fin des séances de signatures avec des lecteurs enchantés ni celle des interviews à la radio qui l’affectaient car il savait bien que cela ne pourrait pas durer éternellement. Mais alors, pourquoi cet état dépressif ?

Il n’envisagea pas une seconde de chercher une Continuer la lecture de Les désillusions perdues →

Trois cafés (21)

Alors, maintenant, elle passe la moitié de son temps chez Georges. Elle dit qu’elle vit chichement de sa retraite et du modeste Loto qu’elle a gagné quand elle était en prison. Mouais… je vous dirais franchement, moi, j’y crois pas à son truc du Loto. Je crois plutôt qu’elle vit avec le fric qu’elle a accumulé quand elle était dealeuse. Mais quand je dis ça, je dis rien. Et puis, c’est pas mes oignons, pas vrai ? Allez ! Je ferme la parenthèse.

 Bon ! Alors ! On en était au moment où Madame Françoise s’était persuadée qu’elle avait connu en gros et en détail le jeune futur Grand Chancelier, Robert Bompar de Colmont.

— Je ne crois rien du tout, chère amie, lui a répondu gentiment Trois-cafés.  Et surtout, je ne veux rien savoir.

Madame Françoise a insisté :

— Mais Robert vous a dit qu’on avait… ?

— Il ne m’a rien dit de semblable. Mais ce qu’il m’a dit, c’est qu’il aimerait beaucoup vous revoir pour parler du passé. Et comme, justement, il marie sa fille dans deux mois d’ici, très exactement les 16, 17 et 18, il m’a chargé de vous inviter. Ça se passera au château familial, en Haute Provence ; quatre cents invités triés sur le volet, deux orchestres, trois traiteurs, une vedette du music-hall dont le nom est gardé secret pour le moment… Ce sera une réception extraordinaire, les Colmont sont réputés pour cela ! Et puis, le mariage de la fille du Grand Chancelier, c’est un évènement ! Vous seriez logée au château, comme Continuer la lecture de Trois cafés (21) →

Les portraits de Proust : le timide

« (…) les mêmes défauts s’étaient au contraire exagérés chez Saniette, au fur et à mesure qu’il cherchait à s’en corriger. Sentant qu’il ennuyait souvent, qu’on ne l’écoutait pas, au lieu de ralentir alors, comme l’eût fait Cottard, de forcer l’attention par l’air d’autorité, non seulement il tâchait, par un ton badin, de se faire pardonner le tour trop sérieux de sa conversation, mais pressait son débit, déblayait, usait d’abréviations pour paraître moins long, plus familier avec les choses dont il parlait, et parvenait seulement, en les rendant inintelligibles, à sembler interminable. Son assurance n’était pas comme celle de Cottard qui glaçait ses malades, lesquels aux gens qui vantaient son aménité dans le monde répondaient: «Ce n’est plus le même homme quand il vous reçoit dans son cabinet, vous dans la lumière, lui à contre-jour et les yeux perçants.» Elle n’imposait pas, on sentait qu’elle cachait trop de timidité, qu’un Continuer la lecture de Les portraits de Proust : le timide →

Mon cinéma

J’aime le cinéma. Autour de moi, chacun sait que j’aime le cinéma. Ces dernières années, j’ai même eu l’impudence d’écrire des critiques.

Le cinéma… Au début, le plus souvent, j’y allais avec mon ami René-Jean, accompagné par l’une ou l’autre de nos mères. Et nous voyions Quo Vadis ? au Normandie sur les Champs-Élysées. , La Guerre des Mondes au Paramount Opéra, Gunga Din à L’Escurial des Gobelins. Il y avait des Esquimaux Gervais, des Actualités, de la publicité Jean Mineur, un documentaire et même parfois une attraction. Après l’entracte, venait enfin le film. Pendant le générique, d’excitation, nous sautions sur nos sièges, nous donnions des coups de pieds dans les dossiers devant nous, nous lisions tous haut les noms des premiers rôles, nous imitions la musique du générique, nous étions énervés, joyeux, heureux. Plus tard, lorsque nous sortions sur le boulevard, le crépuscule était déjà là, et nous, sur le trottoir, un peu abrutis par le film, la musique de fin encore dans les oreilles, nous nous racontions les scènes du films et des morceaux de dialogue tandis que nos mères, l’une ou l’autre, imaginaient les moyens de rentrer chacun chez soi. Nous aimions les Westerns, c’était le début de leur belle époque, les films de guerre, ils étaient nombreux en ces temps de paix retrouvée, les films comiques de Bob Hope et ses blondes explosives et les films musicaux de Danny Kaye avec sa gentillesse et sa folie.

Et puis un jour, Continuer la lecture de Mon cinéma →