« Je ne suis pas contre le progrès, contre quelque chose de totalement nouveau et révolutionnaire, si cela a un sens et un fondement. Ce que je déteste, c’est l’innovation bidon qui pour commencer n’est pas innovatrice du tout car on a tout inventé dans les années 20 en Russie et en Allemagne à la UFA. Mais les gens qui font des trucs insensés pour épater le bourgeois, je ne peux les approuver. Un film, c’est une histoire que vous racontez, une atmosphère que vous créez, et si vous introduisez des éléments bizarres qui étonne, vous détruisez le récit. On doit oublier qu’il y a un réalisateur et un chef opérateur, cela doit couler naturellement. Si vous regardez, les grands films, ceux de Griffith, Ford, Lubitsch, Capra, Renoir, ils ont tous filmé avec élégance et simplicité, sans ces tours de magicien que je trouve répugnants. Quatre-vingt pour cent de ce que fait M. Jean-Luc Godard, c’est purement pour se gonfler lui-même pour que l’on parle du metteur en scène ou de l’auteur, mais Truffaut, Louis Malle et David Lean ne le feraient jamais. La clarté et l’élégance ne sont pas pour moi vieux jeu. Le reste, c’est du dilettantisme. »
Billy Wilder- Interview – Los Angeles – 1979.
Billy Wilder – (1906-2002) – scénariste, réalisateur, producteur.
Né en Autriche, naturalisé américain.
Quelques-uns de ses meilleurs films :
Assurance sur la Mort (Double indemnity) – 1944
Le Poison (The lost week-end) – 1945
Boulevard du Crépuscule (Sunset Boulevard) –
1950
Le Gouffre aux chimères (The Big carnival) – 1951
Stalag 17 – 1953
Sabrina – 1954
Sept ans de réflexion (Seven year itch)- 1955
Ariane – 1957
Témoin à charge (Witness for the prosecution) -1957
Certains l’aiment chaud (Some like it hot) – 1959
La Garçonnière (The apartment)- 1960
Irma la douce – 1963
Speciale première (The Front page) -1974
Le Bourget
