Vous vous souvenez certainemlent de cet interview de l’écrivain Pierre-André Mariotte par Berthe Granval. A sa question « Alors, dites-nous, cher Pierre-André Mariotte, pourquoi écrivez-vous ? », il avait répondu : « Pourquoi écrit-on ? Pourquoi un être censé se met-il à écrire ? Pourquoi se met-il à travailler comme un bénédictin, à raturer, à modifier, à biffer, à reprendre, à lire et à relire, à déchirer, à vérifier, à recoller ? Pourquoi se soumet-il volontairement à ces périodes de doute, de résignation, de désespoir même ? Pourquoi supporte-t-il d’en perdre l’appétit ? Pourquoi accepte-t-il de se remettre à fumer, à boire, ou pire ? Pourquoi ? »
Cette façon de répondre à une question par une rafale d’autres questions n’était pas qu’une habileté de plus d’un habitué des plateaux de télévision. Elle permettait à l’écrivain de passer ensuite en revue les diverses motivations qui peuvent habiter ses semblables et d’indiquer quelles étaient les siennes. Si vous voulez savoir tout ça, il vous faudra relire l’article « Une émission de Berthe Granval » publié le 30/11/2016.
Mais une autre question se pose, plus triviale : à partir du moment où l’envie ou le besoin d’écrire sont là, qu’est-ce qui peut bien déclencher l’écriture de tel texte plutôt que tel autre ? Pour les vrais écrivains, je ne sais pas, mais pour moi, je peux vous le dire, et c’est ce que je tente de faire dans les pages de mon carnet d’écriture :
Ce peut-être par exemple :
— cette réflexion d’un ami : « Dans les dîners en ville où l’on ne connaît personne, on s’ennuie énormément !» qui a donné « Blind dinner »
— le tic de langage d’une amie : « C’était un jour qu’était pas fait comme les autres » qui a donné la nouvelle éponyme.
— une aversion prononcée pour la Maire de Paris qui m’a poussé à écrire « Les Disparus de la rue de Rennes »
— une brusque envie de faire du Maupassant, comme dans « Histoire de Noël »
— le plaisir de jouer sur les mots, parce qu’est-ce que c’est vraiment qu’ « Un Garçon de laboratoire » ?
etc… etc…
Pour ce qui est d’ « Histoire de Dashiell Stiller », précédemment titré « Le Cujas » (je vous dirais bien pourquoi j’ai changé de titre au dernier moment , mais ce n’est pas le sujet de ce cette page de carnet), ce fut plus compliqué et plus contraignant que pour les exemples précédents. Le catalyseur, l’élément déclencheur de l’écriture fût une carte postale. À cette époque, il y avait quelque part en France, une dame agée dans une maison de retraite. Tout le monde l’aimait et tout le monde l’appelait Nano, moi compris et je crois bien que je n’ai jamais su son véritable prénom. Cette vieille dame était gentille, toujours gaie et soignée. Mais elle habitait loin de Paris et nous nous voyions peu souvent. Pour compenser un peu cette rareté, je pris l’habitude de lui envoyer une à deux fois par semaine une carte postale, une carte postale de n’importe où, de n’importe quoi, avec juste un petit mot dessus, un petit mot de rien du tout, quelque chose comme « Meilleur souvenir de la Tour Eiffel » écrit au dos d’une vue de Notre-Dame. Je pensais que que ni le message ni la photographie n’étaient importants ; ce qui devait compter c’était de recevoir du courrier : « Nano, encore une carte postale pour vous ». C’est du moins ce que je croyais. J’espère ne pas m’être trompé car combien de vues de l’Arc de Triomphe sous toutes ses coutures, du Sacré-Coeur sous tous les angles, de l’Avenue de l’Opéra à toutes les époques Nano a-t-elle reçues ? Cette habitude a duré longtemps, deux ans, trois peut-être et puis je n’ai plus envoyé de cartes postales parce que Nano n’’était plus là pour les recevoir.
C’est l’une de ces cartes postales qui a déclenché Le Cujas. Un de ces jours, je vous dirai comment et pourquoi.
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il ne restait
Commande passée, toujours la même, déploiement de quelques activités procrastinatoires : nettoyage de l’iPhone des nouvelles de la nuit, consultation de l’agenda, de la météo, consultation des ventes, déploiement de l’iPad, recherche et relecture de ce qui a été écrit hier, relecture de ce qui a été écrit hier, relecture de ce… Pour moi, cette relecture répétée s’apparente, en moins fatigant, aux tentatives de démarrages d’une tondeuse à gazon à moteur thermique : il faut bien tirer quatre ou cinq fois sur la corde avant que la machine ne consente à démarrer. Pour l’écriture, c’est pareil.