The Big Bang Theory

The Big bang Theory est une série télévisée américaine dont les 12 saisons (279 épisodes) ont été diffusées aux USA entre 2007 et 2019 puis en France avec un décalage de quelques années. Cela fait 8 ans que j’ai écrit sa critique et si je la publie à nouveau aujourd’hui, c’est parce que, depuis des mois, TBBT repasse en boucle sur RMC et que cela m’enchante. Un petit morceau de Big Bang chaque soir peut vous faire oublier des tas de choses ennuyeuses, contrariantes ou même inquiétantes.
Ces séries américaines aux incroyables succès, telles que Friends, Seinfeld ou The Big Bang Theory ont ceci en commun que les personnages, les situations, les dialogues et même les décors n’ont aucune réalité. Chaque épisode n’est qu’une variation sur un même thème, la vie d’un petit groupe dont les membres sont sans réel souci matériel, moral, ou sentimental. Leurs amours sont légères, leurs ennuis sans gravité et leurs décisions sans conséquences. A travers les épisodes, leurs situations, amoureuses ou sociales, n’évoluent que très peu et sans aucun suspense. C’est sans doute ce qui créé le confort pour le spectateur. On a l’impression de retrouver des amis pour quelques heures, on sait que l’on sera en sécurité, qu’aucune catastrophe ne viendra troubler ra journée et qu’on en repartira comme on y est venu. Mais on aura passé d’agréables moments entre amis, à plaisanter, à se moquer les uns des autres comme on le fait trop rarement dans la vraie vie.
Un dernier conseil avant de passer à la critique proprement dite : quand vous regarderez TBBT, choisissez la version originale, car les voix du doublage français sont insupportables. Par ailleurs, la traduction des sarcasmes est parfois approximative.

The Big Bang Theory (Critique aisée n°117 du 12/03/2018)

Nous autres critiques n’aimions pas beaucoup parler de télévision. Le cinéma n’étant lui-même que le 7ème art, alors la télévision, vous pensez ! Et s’il fallait absolument parler de télévision, nous disions « Ah ! Apostrophes ! », « Oh ! Thalassa ! », Ah ! Les Dossiers de l’écran ! » Mais jamais nous ne parlions de séries. D’ailleurs, nous disions plutôt « feuilleton », nous nous moquions de Thierry la Fronde et des Feux de l’Amour et nous regrettions les séances tardives du « Cinéma de minuit ». Pourtant, il a bien fallu parler des feuilletons de Nina Companez (Les Dames de la côte, A la Recherche du temps perdu) car, vraiment, c’était presque du cinéma. Nous avions pris la plume avec ironie pour démolir les lourdes tentatives de José Dayan de remakes des Rois Maudits et du Comte de Monte-Christo. Pourtant, pendant ce temps, s’infiltraient petit à petit dans nos postes de télévision les séries américaines. Ça avait commencé avec Au nom de la loi, Happy Days, Les Incorruptibles… Puis étaient venus Friends et Seinfeld. Avec Urgence, une étape était franchie, grâce la qualité du script, de la réalisation et des comédiens. On commençait, dans les diners germanopratins, à pouvoir parler sans honte des séries américaines. On en parlait d’abord avec condescendance, puis avec un intérêt que l’on prenait soin de déguiser d’une une candeur affectée. Mais nous, les critiques, nous n’en parlions jamais.

Et puis, en quelques années, une avalanche de séries américaines a submergé les écrans, des bonnes, Les Sopranos, The Wire, House of Cards, Band of Brothers… des moins bonnes, The L.A. Law, Doctor House, et des mauvaises, Les Experts, NCIS, etc… Dans la foulée, s’y sont mis aussi les Anglais, avec du très bon, The Hour, Downton Abbey, et du bon, Luther, et les Français, avec les excellents Engrenages et Le bureau des légendes, les très bons Dix pour cent et Kaboul Kitchen  et les très passables Braquo. Même les Danois, Suédois, Norvégiens s’y sont mis, tandis que les Allemands ne se remettent toujours pas de la mort de Derrick.

Le sujet étant désormais « de société », je me suis senti autorisé à vous parler des séries en général — c’est d’ailleurs ce que je viens de faire dans les deux paragraphes précédents — et d’une série en particulier : The Big Bang Theory.

Pour les séries, ce n’est pas comme pour les films, on se fiche du réalisateur et, presque toujours du nom des comédiens. Alors, on saute.

Ce qui est important dans une série de ce type, ce qui fait qu’on s’y sent bien, comme chez soi, c’est que le thème, le cadre et les personnages ne changent pas, ou alors le moins possible. Alors, voilà :

Le thème, c’est, racontée sur le mode exclusivement comico-sentimental, la vie quotidienne d’une demi-douzaine de jeunes gens vivant en Californie, dans le voisinage de l’Université de Pasadena. On y raconte principalement leurs histoires de cœur, leurs amitiés, leurs frustrations, leurs jeux, leurs réussites, leurs déceptions… Il y a des garçons et des filles. Ils parlent tout le temps. Leurs réparties sont émaillées de sarcasmes, d’allusions scientifiques et de références au monde des super-héros des comic-books.

Presque toute l’action se passe dans deux appartements et sur le palier qui les sépare, au quatrième étage d’un immeuble dont l’ascenseur est éternellement en panne. On ne sort que très peu, et quand on le fait, c’est toujours dans des lieux fermés, impersonnels, à la limite du confinement (cantine d’université, banal restaurant, intérieur d’une voiture).

Voilà pour le thème et le cadre. Les personnages, maintenant :

Il y a d’abord Sheldon Cooper.
Sheldon a une trentaine d’années, il est Docteur en Physique, chercheur en physique théorique, obsédé par la théorie des cordes et habillé comme un adolescent. Il est aussi tout à fait surdoué et conscient de l’être. Il est également atteint du syndrome d’Asperger qui, je crois, est une forme d’autisme. Sheldon Cooper est totalement hermétique au second degré et ne sait donc pas reconnaitre les sarcasmes. Il ne tient aucun compte des sentiments des autres et dit instantanément tout ce qu’il pense sans tenir aucun compte de la susceptibilité de ses interlocuteurs. Il précise régulièrement qu’il n’est « pas fou puisque (sa) mère lui a fait passer un test« . Ses blagues, rares, ne font rire personne. Voici sa préférée :

Heisenberg (1) au volant de sa voiture est contrôlé en excès de vitesse.
Le policier :  « Savez-vous que votre vitesse a été mesurée à 146,6 kilomètres à l’heure ? »
Heisenberg :   « Ah ! C’est malin ! Maintenant, je ne sais plus où je suis ! »

Pour apprécier cette chute, il n’est pas honteux que vous ayez à vous reporter à la note suivante :
Note 1 : Werner Heisenberg, (1901-1976), physicien allemand, co-fondateur de la mécanique quantique, prix Nobel de physique en 1932. Il est surtout connu du public pour son principe d’incertitude qui énonce que toute amélioration de la précision de mesure de la vitesse d’une particule se traduit par une moindre précision de la mesure de sa position.

Leonard Hofstadter
Egalement Docteur en Physique, et chercheur à l’Université de Pasadena, Leonard Hofstadter est diplômé de Princeton. Il vit en colocation avec Sheldon. Il le considère et agit comme son meilleur ami. Mais le caractère insupportable de Sheldon l’exaspère souvent, et il se soulage en lançant des sarcasmes à l’attention de Sheldon que celui-ci ne comprend absolument pas. Sur le plan sentimental, Leonard est complexé, car il beaucoup de mal à nouer des relations sentimentales et sexuelles avec les femmes. Dès sa première rencontre avec Penny, il tombe sous le coup de son charme mais il mettra, par sa seule maladresse, plusieurs « saisons » à la séduire. Son complexe est expliqué par la personnalité glaciale de sa mère, neuropsychiatre, qui le méprise ouvertement.

Un exemple de sarcasme de Leonard à Sheldon :
­—Par moments, tes mouvements semblent si naturels que j’en oublie que tu n’es pas un vrai humain.

Howard Wolowitz
Contrairement à Sheldon et Leonard, Howard n’est pas docteur en physique, il n’est qu’ingénieur en aérospatiale, ce qui lui vaut de fréquentes réflexions méprisantes de la part de Sheldon. Il est toujours drôlement habillé de vêtements collants et colorés, il est plus fort que Leonard pour les sarcasmes. Un exemple :

Sheldon : « Sheldon Cooper ne pleure jamais. »
Howard : « Heureusement ! Il rouillerait »
Howard est juif et vit chez sa mère tout en étant en conflit permanent avec elle. Si on l’entend hurler de temps en temps, on ne la voit jamais. Son meilleur ami est Raj (Rajesh Koothrappali). Howard est surtout un frustré du sexe, car il n’arrive pas à ses fins avec les filles, bien qu’il soit perpétuellement en chasse, de manière plutôt lourde et insistante. Ses réparties sont souvent très drôles.

Rajesh Koothrappali
Raj est docteur en astrophysique. Il est de nationalité indienne. Lui non plus n’a pas beaucoup de succès avec les filles. Cela s’explique entre autres par le fait qu’il est incapable d’exprimer un son quand il est en présence d’une femme, sauf s’il a bu de l’alcool. Comme ses amis Leonard et Howard, il pratique volontiers le sarcasme. Mais il aime aussi se faire plaindre en jouant sur le côté pauvre étranger menacé d’expulsion, alors qu’il travaille à CalTech et que son père est un riche gynécologue de Bombay. Un exemple de dialogue avec Raj
Raj : Je suis désolé d’être en retard, j’étais au téléphone avec ma mère.
Bernadette : Comment va-t-elle
Raj : Pas mal. Elle a acheté le livre « Mange, prie, aime » et s’en est servie pour mettre le feu à la Mercedes de mon père.

Penny
Elle n’a pas de nom de famille. C’est une jolie fille, simple, joyeuse et gentille. Elle est venue de sa province pour devenir actrice à Hollywood. Elle travaille comme serveuse dans un restaurant où vont Leonard et ses amis. Elle a continuellement des problèmes financiers. Elle boit pas mal et a eu des tas de boy-friends, plutôt des joueurs de football que des docteurs en physique. Elle emménage dans l’appartement qui fait face à celui de Sheldon et Leonard. Elle y vit dans un grand désordre qui exaspère Sheldon. Elle sera rapidement intégrée dans le cercle des amis de Leonard. Elle ne comprend rien à la physique ni à la passion commune des comic-books qui réunit les quatre garçons. Elle deviendra la petite amie, puis la femme de Léonard, mais ça prendra du temps. De temps en temps, elle pratique aussi le sarcasme :
Sheldon :  « Amy est en colère contre moi, et je ne comprends pas pourquoi. »
Penny : « Voyons, avant qu’elle ne se mette en colère, vous étiez en train de parler ? »
Sheldon :  « Oui »
Penny : « Alors, c’est probablement pour ça. »

Cette série me fait beaucoup rire, parfois aux éclats. Essayez-là donc.

Marilyn aurait cent ans

Hier, Marylin Monroe aurait eu cent ans. C’est l’occasion pour les média de célébrer le monument hollywoodien que fût et qu’est encore cette jeune femme, à la fois joyeuse et névrosée, splendide et ravissante — c’est loin d’être la même chose.
Chacun y va, de façon sympathique ou racoleuse, d’un rappel de ses qualités sous-estimées de comédienne, de ses défauts d’enquiquineuse de plateau, de ses amours célèbres et de ses amitiés fidèles, et surtout, surtout, des circonstances de sa mort.
Malgré ses tendances parfois historiquement complotistes, j’aime bien et j’écoute régulièrement la demie heure quotidienne que Continuer la lecture de Marilyn aurait cent ans

A votre avis ? 

Depuis sa parution chez Amazon, le dernier livre de Coutheillas, Go West ! , s’est vendu à 20 exemplaires. C’est peu quand on fait la comparaison avec Blind Dinner (57 exemplaires) et pas si mal quand c’est avec Les Trois premières fois (18) qu’on le compare. Mais de toute façon, ce n’est pas assez. Pourtant, la critique est bonne et deux excellents avis ont été publiés sur Amazon. Si, si ! Vous pouvez vérifier ! Pour ne pas embarrasser leurs auteurs, je les reproduis ci-dessous non signés. 

B.N.
Palpitant
Un très beau roman, mâtiné d’autobiographie, de l’affrontement par un adolescent passant à l’âge adulte des réalités américaines des années 60 : la route, les voitures, les femmes, les hommes, les Kennedy, Marylin (des révélations d’actualité au moment où l’on célèbre ici sa mémoire), de l’alcool, de la drogue, des hippies, bref, un milieu et une culture qui lui sont parfaitement étrangères. Histoire aussi d’une rupture amoureuse mélancolique.
Une très belle écriture aussi, vive, acérée, qui vous porte de page en page et de chapitre en chapitre.
Sans doute la plus belle réussite du talentueux auteur de l’  « Histoire de Dashiell Stiller » et de « Blind Dinner » qui nous avaient tant marqués.

M.B.
Le rêve américain existera toujours
Go west roman passionnant qui se lit d’un seul trait, vécu par un étudiant français pour réaliser son rêve américain
Il nous plonge dans les années 62 avec la curiosité de sa jeunesse et l’expérience Continuer la lecture de A votre avis ? 

Homéotéleute et Polyptote – Lever de rideau

 Acte I

La scène est à Athènes et le décor entièrement blanc à l’exception de deux éléments : un grand cognassier du Péloponnèse et un petit banc en marbre de Thassos.

Le Récitant

Gens d’Athènes, prêtres de l’Acropole, commerçants de l’Agora, ménagères de Plaka et même vous, marins du Pirée, salut ! Laissez-moi ce soir dérouler devant votre assemblée attentive la vraie histoire de deux amants superbes et généreux, que certains dieux protégeaient mais que d’autres n’aimaient pas. Retenez vos larmes, étouffez vos cris, car il n’y a que dans le silence et le recueillement que l’on peut entendre une telle tragédie. Je commence…

C’est au pied du mont Lycabette, la colline aux loups féroces, qu’ils se rencontrèrent pour Continuer la lecture de Homéotéleute et Polyptote – Lever de rideau

L’heure d’été ne date pas d’hier

Le texte ci-dessous est extrait de À la Recherche du Temps perdu (Le Temps retrouvé – Chapitre 2)

(…) Tout en me rappelant la visite de Saint-Loup j’avais marché, puis, pour aller chez Mme Verdurin, fait un long crochet ; j’étais presque au pont des Invalides. Les lumières, assez peu nombreuses (à cause des gothas1), étaient allumées un peu trop tôt, car le changement d’heure2 avait été fait un peu trop tôt, quand la nuit venait encore assez vite, mais stabilisé pour toute la belle saison (comme les calorifères sont allumés et éteints à partir d’une certaine date), et au-dessus de la ville nocturnement éclairée, dans toute une partie du ciel – du ciel ignorant de l’heure d’été et de l’heure d’hiver, et qui ne daignait pas savoir que 8 heures était devenu 9 heures – dans toute une partie du ciel bleuâtre il continuait à faire un peu jour. Dans toute la partie de la ville Continuer la lecture de L’heure d’été ne date pas d’hier