Trois cafés (1)

C’était un jour qu’était pas fait comme les autres.
Vraiment !
J’ajoute « Vraiment ! » parce que « C’était un jour qu’était pas fait comme les autres », c’est devenu chez moi un tic de langage, un peu comme le « en fait » que disent beaucoup les enfants aujourd’hui, quoique moins maintenant, mais quand même, et comme le « du coup » que dit tout le monde tout le temps. C’est agaçant ! En tout cas, moi, ça m’agace. Parce que, c’est vrai, vous avez vu, les gens disent « du coup » à tout bout de champ. Alors que non, faudrait pas ! Par exemple, ils disent « Y avait plus de métro, du coup je suis rentré à pied » Ben non, non et non ! On peut dire « du coup » quand ça vaut le coup, mais pas là ! Il fallait dire « La RATP était en grève, donc je suis rentré en taxi. » On vous l’a dit et répété, cent fois, à la radio, à la télévision, partout ! Mais les gens n’écoutent pas. Ils lisent pas non plus, faut dire. Du coup, ils disent n’importe quoi, des tas de trucs agaçants, genre « en fait » ou « du coup ». Ah ben, oui, tiens ! Dans le genre agaçant, « genre » c’est pas mal non plus. Par exemple, les gens disent « C’est un mec genre faux-cul de première » Ben non, non et non ! On peut pas dire ça ! Il faut dire « C’est une personne du genre hypocrite invétéré».

En fait, « du coup », je le dis très peu. Moi, ce que je dis souvent, ce serait plutôt Continuer la lecture de Trois cafés (1)

Paradoxe, oxymore, absurdité et understatement

Alan Greenspan
économiste

Si vous avez compris, ce que j’ai dit, c’est que je me suis mal exprimé. 

*

Kurt Vonnegut
écrivain américain

Si vous voulez que les gens écoutent ce que vous avez à dire, dites que c’est quelque chose que votre père disait. Mais en ce qui me concerne, les seuls conseils que mon père m’ait donnés, c’est “Ne tue personne” et “Ne t’enfonce rien dans l’oreille”. Continuer la lecture de Paradoxe, oxymore, absurdité et understatement

Journal intime – 4 décembre 2012

Le Fumoir

Je suis entré là après presque deux heures passées sous la`pluie à  prendre des photos d’ambiance : Paris sous la pluie, lumières mouillées, touristes et parapluies, cour du Louvre déserte…

Le Fumoir, endroit probablement  branché, mais néanmoins agréable.

Musique de jazz presque inaudible, tant mieux, lumières basses, banquettes confortables, brouhaha supportable.

Lui, mon voisin de banquette, était là avant moi, buvant du thé en travaillant sur son Mac Pro. Très propre, assez joli garçon, pull à col en V, chemise à carreaux, il porte sûrement des mocassins que je ne peux pas voir. Il doit habiter le NAP, si cette expression a toujours un sens.

Elle est arrivée un peu après moi. Continuer la lecture de Journal intime – 4 décembre 2012

Théorie mathématique de la bêtise

C’est la troisième fois que je publie cette théorie. Malgré cela, le fléau n’est toujours pas éradiqué. Alors, cent fois sur le métier…

*

Georges Brassens a dit que le temps ne faisait rien à l’affaire et que quand on était con, on était con. Mais, sauf le respect que je dois au bonhomme et l’affection que je lui porte, je dois dire que Brassens se trompait car, en matière de connerie, le temps est un facteur important. Non pas que le con devienne plus con avec l’âge, mais le con d’aujourd’hui l’est davantage que le con d’hier. En effet, récemment, grâce au progrès, la connerie a avancé à pas de géant. Rappelons-nous que le Web est devenu d’usage public à partir des années 90 et que Facebook a été créée en 2004. L’ami Georges, mort en 1981, bien trop tôt, ne pouvait bien sûr pas tenir compte de ces extraordinaires facteurs de progrès.
Voyons ce que Milan Kundera disait du sujet. (Comme il parle de Flaubert, Kundera ne dit pas « connerie« . Il dit « bêtise« , mais c’est pareil.)

« Le 19ème  siècle à inventé la locomotive. Flaubert a découvert la bêtise. J’ose dire que c’est là la plus grande découverte d’un siècle si fier de sa Continuer la lecture de Théorie mathématique de la bêtise