La fin des haricots
En ce temps-là, c’était l’Age d’Or. Les dieux et les humains vivaient chacun de leur coté en bonne intelligence. Le travail n’existait pas, les femmes non plus, la nature était généreuse, les animaux étaient amicaux et même soumis à l’homme. Bref, on s’ennuyait ferme. Prométhée aimait bien les humains, mais il aimait encore plus faire des blagues à Zeus. Il décida donc de voler le feu du ciel et d’en faire cadeau aux hommes.
On a dit ici comment Zeus punit Prométhée puis comment, malgré son serment, il mit fin à sa punition.
Mais, pendant ce temps, les hommes, maintenant équipés de ce qui était autrefois l’apanage de Zeus, ne se prenaient plus pour la moitié d’un confetti. Ils faisaient des trucs et des machins de plus en plus compliqués et se jugeaient les égaux des habitants du Mont Olympe.
Il fallait donc les punir et, là-dessus, tous les dieux étaient d’accord.
Ils créèrent donc la première femme et l’appelèrent Pandora. Ils l’équipèrent d’abord de tous les attraits de la beauté physique. Ensuite, ils façonnèrent son caractère : ils la firent insatiable, insatisfaite, menteuse, jalouse et curieuse. Ceci fait, ils l’envoyèrent chez les humains.
Les hommes tombèrent tous amoureux de Pandora et, pour satisfaire les exigences infinies de cette splendide créature, ils durent se mettre à travailler.
Ce fut la fin de l’Age d’Or, la fin des haricots…
Sans parler de la petite boîte…
La mythologie, comme la littérature, la poésie et l’Histoire, au contraire de la philosophie, n’a pas à être politiquement correcte. Elle se moque bien de heurter les sensibilités féministes ou humanitaires des lecteurs. Elle n’a pas non plus à être logique. C’est la liberté de ceux qui ont créé ces légendes, des poètes sans doute. La mythologie a des implications philosophiques et psychologiques qui demeurent parfois obscures, même à moi, car non univoques. (Je précise que le « même à moi » est une timide tentative d’humour, car on m’a demandé de le pratiquer davantage.)
C’est pour cela que je tiens à confirmer ce que j’avais déjà annoncé dans ma présentation de ce cycle de conférences, à savoir que je n’ai rien inventé ni des aventures de ces dieux, héros et mortels, ni de leurs caractères, ni de leurs motivations, aventures, caractères et motivations sur lesquels tous les poètes antiques et mythographes récents s’accordent. J’ai seulement pratiqué quelques ellipses, pris quelques libertés avec le style habituellement adopté pour raconter ces histoires. Pour l’intérêt de la suite de ces leçons, du moins pour ceux qui sont prêts à les suivre, il va falloir me faire confiance sur ce point.
J’ai déjà dit ici que je répugne à utiliser les smileys et autres émoticones qui servent à signaler le degré auquel il faut considérer les textes qu’ils décorent. Il semble cependant qu’il y ait des cas où cela soit nécessaire. Veuillez donc considérer, aujourd’hui exceptionnellement, que tout ce qui précède est couvert par un « petit bonhomme jaune qui rigole ».
Et comme je dis souvent : « L’histoire, on s’en fout ! C’est le style qui compte ! »
Je rappelle en outre que les sources principales de mes modestes ( on m’a aussi demandé de l’être davantage ) connaissances dans le domaine sont plus Robert Graves, Homere et Virgile que Luc Ferry, que j’apprécie cependant beaucoup, en particulier parce que c’est lui le plus vivant des quatre. (Bon sang, encore de l’humour ?)
Pour en revenir aux Sophistes, devant ce texte, je me demande lesquels de ces propos sont imputables aux documents que recèlent des antiquaires grecs ou à leur lecteur prolifique, Luc Ferry lu par Philippe, tout aussi prolifique dans la narration de ses lectures?
Il me semble que si le paradis terrestre des Grecs antiques était ennuyeux à mourir sans les femmes, – ce que je conçois aisément -, l’arrivée de celles-ci ne peut être compris (Philippe est un grand partisan des interprétations univoques!) que comme une récompense ou plutôt une compensation; en tout cas, pas une punition! Et ce, quels qu’aient pu être les ‘défauts’ de ces dames que, depuis, les hommes me semblent s’être amplement appropriés!
Certains hommes prétendent aussi avoir tous les attraits de la beauté physique. Il y a des Bimbo-boys (pas tous) qui sont parfois insatiables, insatisfaits, menteurs et jaloux!
Quant à la curiosité, pour moi, c’est la première des qualités! Beaucoup d’hommes et de femmes en sont dépourvus! Pas les transsexuels, évidemment!
Il faut être très curieux pour se mettre dans la peau de l’autre sexe. Beaucoup plus que de mettre son joujou extra, son truc crac boom hue dans la boite de Pandora!
Malthus avait bien vu les conséquences catastrophiques de l’ouverture de cette fameuse boite!